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mai 2012

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Les travailleurs de SIDOR contre les mafias syndicales

08     08-2011
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Les travailleurs de SIDOR contre les mafias syndicales

Le jeudi 9 juin, le directeur du marketing de SIDOR fut détenu. Luis Velasquez avait maintenu pendant des années des pratiques de corruption et de commerces secrets dans les hautes sphères de cette entreprise sidérurgique située dans la zone industrielle Matanzas à Puerto Ordaz (Ciudad Guyana) dans l’Etat de Bolivar. Ces événements inaugurent une nouvelle phase dans la lutte des travailleurs de Guyana pour le Contrôle Ouvrier dans les entreprises de base.

Velasquez est désormais connu en Guyana comme le « roi des magouilles » depuis que l’on dévoila que le dirigeant avait un réseau de collaborateurs corrompus qui lui assurait la « disparition » de barres d’armatures produites par SIDOR.

De cette façon, ils ont réussi à voler de grandes quantités de barres. De ce qui est de notoriété publique, il y a notamment le cas de 12 conteneurs chargées de 336 tonnes de barres, d’une valeur de 1,6 milliards de bolivars, qui a disparu en Novembre 2010.

De plus, Luis Velasquez était le président des entreprises Briqueteadora, Orinoco Iron, Briqven Antigua Matesi, Consigua, directeur général de Ferresidor et aussi du conseil d’administration de transition de la cimenterie Cemex y Lafarge.

Selon plusieurs sources informées, les mafieux de Velasquez emmenèrent les barres d’armatures de contrebande en Colombie où elles furent vendues 1000$ la tonne, trois fois plus qu’au Venezuela. Ils réalisèrent ainsi des gains de plusieurs millions, aux dépens de la grande Mision Vivienda qui est totalement dépendante de cette matière première pour la construction des 2 millions d’immeubles que le président Chávez a promis de livrer au peuple avant 2018. L’ex-gérant de SIDOR avait réussi à établir une vraie mafia et sa conduite ne doit pas seulement être qualifiée de malhonnête et corrompue mais aussi contre-révolutionnaire, puisqu’il sabotait consciemment l’effort de la révolution en vue de satisfaire les besoins primaires du peuple.

Aussi incroyable que cela puisse paraître, Velasquez était membre du PSUV, très proche du gouverneur Francisco Rangel Gomez. Lequel a signalé, dans des déclarations de presse des médias de la région, que Luis Velasquez était un bon ami à lui et au PSUV, ce qui démontre que beaucoup des ennemis de la révolution se trouvent dans les rangs du mouvement bolivarien, constituant véritablement une cinquième colonne.

Ce sont les propres travailleurs de SIDOR, au travers de son syndicat SUTISS, qui dénoncèrent la bande de Velasquez et rénettèrent plusieurs rapports à ce sujet au travailleur-président Carlos D’Oliveira qui assista les travailleurs et agit immédiatement. Selon les représentants de SUTISS, d’autres gérants sont sous le coup d’enquêtes pour complicité présumée avec le roi des barres. En réunion de travailleurs aux portes de SIDOR, on entend constamment les plaintes des travailleurs et du syndicat qui demande : « Comment est-ce possible que M. Velasquez avec un salaire mensuel de 5.000 Bolivars aie une vie si luxueuse : une maison de 450.000 dollars et des voitures de luxe Mercedes », cela montre que les travailleur exerçaient une surveillance financière sur ce mafieux.

QUELQUES ANTECEDENTS Ce cas est une preuve du pouvoir énorme et la capacité de la classe travailleuse organisée. La nomination de Carlos D’Olivieira (avec Elio Sayago à ALCASA et d’autres travailleurs) à la présidence de SIDOR par Chávez fut un pas important dans la bonne direction.

Les travailleurs de Guyana on été à l’avant-garde de la révolution bolivarienne depuis ces jours de fin 2002 quand ils refusèrent de faire partie du lock-out pétrolier et décidèrent de briser le blocus sordide de l’approvisionnement en gaz pour que les entreprises puissent se maintenir actives.

En 2010, c’est l’effort militant des ouvriers dans les ateliers du Plan Guyana Socialista qui a inspiré le président Chávez à nommer des travailleurs aux fonctions présidentielles. A ce moment, le président Chávez s’est manifesté complètement en faveur du Contrôle Ouvrier et dit que les gérants devraient être élus par les travailleurs.

Mais les travailleurs des entreprises de bases se virent confrontés à une nouvelle bataille : le sabotage bureaucratique sans précédent de la gestion des nouveaux présidents. Lors de cette offensive, le gouverneur de l’Etat de Bolivar a joué un rôle clé, Francisco Rangel Gómez, qui est connu pour sa gestion bureaucratique et anti-ouvrière. José Ramon Rivero, ex-ministre du travail, est un des principaux fonctionnaires dans la gouvernance et a utilisé sa position pour promouvoir sa fraction syndicale, Fuerza Bolivariana de Trabajadores (FTB ou FSBT).

Dans tous les endroits où la FBT a eu de l’influence, ils ont travaillé à gêner le fonctionnement du Contrôle Ouvrier. Le cas le plus grave fut celui d’ALCASA, où les partisans du FBT (le mouvement 21) tentèrent de virer Elio Sagayo de la présidence par tous les moyens possibles, y compris une saisie des portes qui laissa l’usine paralysée pendant 34 jours et des agressions physique qui ont fait plusieurs blessés.

LE CONTRÔLE OUVRIER EN PRATIQUE : UN OUTIL CONTRE LA CORRUPTION Les masses ouvrières de SIDOR ont accumulés une grande expérience lors de ces dernières années, défaisant la multinationale argentine TERNIUM et réussissant la nationalisation en 2008, luttant pour la mise en application du Contrôle Ouvrier et construisant d’importants outils d’auto-formation comme l’est l’Université Bolivarienne des Travailleurs (UBT-JR).

Depuis la nationalisation de l’entreprise il y avait des éléments de contrôle ouvrier sous forme embryonnaire dans plusieurs départements de la sidérurgie, mais les gérants de la vieille multinationale sont restés à leurs places, sabotant la production avec des incidents comme l’incendie de l’usine MIDREX II en juin 2009.

En février 2011, les travailleurs ont réussi à élire des porte-paroles du Contrôle Ouvrier dans quatre départements fondamentaux : 89 en laminage à froid, 9 en ferroviaire, 36 en granulés et 30 en atelier central. Bien qu’il manque toujours beaucoup de parties de cette énorme usine qui compte une force de travail de plus de 12.000 travailleurs, c’est déjà, sans doute, un bon début.

Une des conclusions principales que les travailleurs de SIDOR ont tirés des récents événements, c’est qu’ils doivent superviser la production quotidiennement. Un exemple : on a signalé que la production des barres des barres 3/8 pouces et demi s’est paralysée la semaine passé durant 24 heures à cause d’une négligence, pour manque de pièces détachées. Situation qui ne va pas plus être permise, car désormais, la chaîne est soumise à la supervision d’un comité spécial des porte-paroles du Contrôle Ouvrier et du SUTISS. C’est un bon exemple de comment agir face au sabotage des patrons prenant le pouvoir des mains des travailleurs. Le démontage du noyau dur de la « mafia des barres d’armatures » et la détention de Luis Velasquez est un pas en avant qui a été possible seulement grâce à la lutte héroïque des sidoristes. Pour cela, il est nécessaire qu’ils se confient seulement à leurs propres forces pour avancer en lutte contre les mafias et la bureaucratie étatique.

Comme l’a signalé Lénine dans son fameux Projet de règlement sur le contrôle ouvrier, il est absolument nécessaire que les travailleurs puissent ouvrir les livres de comptabilité, inspecter les magasins et révéler les secrets des anciens patrons. C’est par ce seul moyen que peuvent se combattre la corruption et le sabotage.

Le futur de Guyana et des entreprises de bases sont complètement liées à celui de la révolution bolivarienne. Les éléments du Contrôle Ouvrier dans les entreprises de Guyana ne peuvent pas rester isolés mais ils doivent s’étendre et se généraliser comme la forme principale de gérer toute l’économie vénézuélienne. On ne peut pas construire une ile de contrôle ouvrier dans une mer capitaliste.

Ici réside la grande importance du Sommet National des Conseils Ouvriers qui à réuni plus de 900 activistes durant les 21 et 22 mai à SIDOR. Il faut encore étendre ce réseau pour avoir une présence dans toutes les usines du pays et le monter comme un plan de lutte qui inclut une journée d’action et de prises d’usines. De plus il est nécessaire de canaliser le mécontentement des travailleurs dans la construction d’un courant ouvrier au PSUV pour le reconquérir comme parti des travailleurs.

Source : http://luchadeclases.org/internacio...

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